Alqosh, Deir Rifa, Liban, Syunik : en octobre, les volontaires de SOS Chrétiens d’Orient ont peint, distribué, rebâti et soutenu les agriculteurs arméniens.
En Irak, des fresques colorées avec les enfants d’Alqosh
À Alqosh, les volontaires ont organisé une activité de peinture avec les enfants de la garderie Al-Malaika : de grandes fresques collectives réalisées à partir de l’empreinte de leurs mains.
« Avant l’arrivée des enfants, nous préparons le matériel. Sur de grandes affiches, nous dessinons plusieurs arbres aux branches encore nues, puis disposons les différentes couleurs de peinture. Les cinq classes de la garderie nous rejoignent progressivement. Nous leur présentons l’activité : chaque enfant va pouvoir laisser l’empreinte de sa main sur les branches pour représenter les feuilles des arbres.
Les enfants trempent tour à tour leur main dans la peinture avant de l’appliquer sur les affiches. Peu à peu, les branches se couvrent de rouge, de bleu, de jaune et de vert. Une manière ludique de découvrir la peinture, de développer leur créativité et de réaliser ensemble une œuvre à laquelle chacun a participé. »





En Égypte, près de 300 colis alimentaires pour les familles de Deir Rifa
À Deir Rifa, les volontaires ont participé à la préparation puis à la distribution de près de 300 colis alimentaires destinés aux familles coptes orthodoxes du village.
« Mercredi matin, le réveil sonne tôt. À 7 heures, nous prenons la direction de Deir Rifa. Quatre heures de route nous attendent. Derrière les vitres du bus, les paysages se succèdent, magnifiques, mais laissant parfois apparaître une grande pauvreté.
Sur place, nous retrouvons notre interprète local et nous mettons rapidement au travail. Huile, sucre, pâtes, riz et thé doivent être répartis dans les différents sacs. Aux côtés de nombreux habitants venus participer, nous formons une véritable chaîne. Chacun trouve sa place, les gestes deviennent plus rapides et les réserves diminuent à mesure que les colis s’accumulent. Au terme de cette première étape, 298 sacs sont prêts.
Lorsque la fatigue commence à se faire sentir, quelques petites filles viennent nous apporter de quoi nous rafraîchir. Cette pause nous permet de faire davantage connaissance avec les personnes présentes.
Les sacs passent ensuite de main en main jusqu’à la remorque, puis nous parcourons les quartiers du village. Très vite, de nombreux enfants se rassemblent autour de nous. Certains suivent le tricycle avec curiosité, les plus timides restent à quelques pas, d’autres viennent spontanément à notre rencontre. Entre deux jeux, la même question revient : “Comment t’appelles-tu ?”
Certaines familles, habituées à ces distributions, nous attendent déjà devant chez elles. D’autres restent discrètement dans l’entrebâillement de leur porte. L’intérieur des maisons est parfois si sombre que nous distinguons à peine leurs visages. Nous apercevons pourtant leurs sourires lorsqu’elles reçoivent les colis.
Arrêt après arrêt, la remorque se vide, jusqu’à ce qu’il ne reste plus aucun sac. Nous terminons la journée fatigués, avec quelques courbatures, mais surtout marqués par les nombreuses rencontres faites à Deir Rifa. »




Au Liban, un monastère maronite relevé pierre après pierre
Les volontaires ont prêté main-forte à une communauté de vingt et un frères et trois pères maronites qui restaure un monastère abandonné depuis près de quatre siècles. Entre travaux de rénovation, récolte des olives et rencontres avec les religieux, ils ont découvert le quotidien d’une communauté qui s’efforce de redonner vie au lieu.
« Le chantier est considérable : presque tout est à reprendre. Avec l’aide de nombreux bénévoles, les religieux espèrent pourtant achever les travaux d’ici trois ou quatre mois. Et ils ne se contentent pas de superviser : ils participent eux-mêmes à chaque étape.
Nous commençons par poncer des portes, avant que les frères nous apprennent à préparer du ciment et à refaire les joints des murs extérieurs. Certains poursuivent ensuite le ponçage des encadrements de fenêtres avec le frère Benoît, tandis que les autres accompagnent le frère Pio pour ramasser les olives.
À 11 heures, les femmes du village arrivent pour préparer le déjeuner. Tout le monde se retrouve autour d’une grande table avec les moines et les bénévoles : makdous, ces petites aubergines farcies et confites, houmous, moutabal, fattouche… Un véritable repas libanais, partagé dans une ambiance simple et chaleureuse, et l’occasion d’apprendre quelques mots de libanais, entre deux éclats de rire et quelques tentatives de prononciation parfois approximatives.
Ce jour-là, nous célébrons aussi les 37 ans du frère Charbel, dont les parents sont venus pour l’occasion. Il nous raconte son parcours et revient notamment sur sa conversion, amorcée à Marseille.
Au-delà des murs que nous ponçons et des olives que nous ramassons, nous découvrons surtout une communauté qui se construit peu à peu. Chacun apporte ce qu’il peut : son temps, ses mains, ses compétences, mais aussi sa présence. Un lieu peut être relevé pierre après pierre ; une communauté, elle, se construit par les rencontres, le service et la fraternité. »








En Arménie, aux côtés des agriculteurs du Syunik
Dans les villages du Syunik, à proximité de la frontière avec l’Azerbaïdjan, les volontaires et l’équipe de l’association ont remis des cultivateurs à des agriculteurs, en partenariat avec le Fonds arménien de France. Ce projet leur permet de travailler leurs terres et de faire vivre l’économie locale.
« En début d’après-midi, nous quittons Goris en direction des villages de la région de Tegh, accrochés aux montagnes du Syunik, le long de la ligne de front avec les forces azéries. Sur la route sinueuse, Aram Kayayan, chef de mission adjoint en Arménie, nous indique les montagnes qui se dressent au loin : de l’autre côté se trouve l’Artsakh, terre historiquement arménienne, perdue après les offensives azéries de 2020 et l’exode forcé de sa population en 2023.
Ici, les conséquences du conflit ne sont pas seulement territoriales ; elles sont aussi humaines et psychologiques. Beaucoup de jeunes quittent les villages pour Erevan, dans l’espoir d’y trouver davantage de perspectives. Ceux qui restent continuent pourtant de faire vivre ces terres, souvent cultivées par leurs familles depuis plusieurs générations.
C’est pour les soutenir que nous remettons aujourd’hui des cultivateurs à plusieurs agriculteurs. Pour chaque donation, les bénéficiaires financent eux-mêmes un tiers du prix de l’équipement. Ce dispositif permet de soutenir des agriculteurs motivés, qui contribueront durablement à l’économie locale, et d’équiper davantage de bénéficiaires.
Première étape : Karashen, dont le nom associe deux mots arméniens, kar, la pierre, et shen, le village. Autrefois, les habitants vivaient dans des habitations troglodytiques. Dans la cour d’une famille, nous déballons et assemblons l’équipement, puis Artur, représentant du Fonds arménien de France, et Aram y apposent les autocollants des deux associations. La famille nous accueille autour d’un café, de fruits secs et de chocolats, tandis que deux chats viennent réclamer quelques caresses.
Nous faisons alors la connaissance du père de la maîtresse de maison, un homme de 86 ans, l’un des quelques milliers de déplacés de l’Artsakh ayant trouvé refuge au Syunik. L’année dernière, le Fonds arménien de France lui avait offert six ruches. Un an plus tard, il en possède dix. Malgré son âge, il a fourni un travail considérable pour développer son activité.
Nous reprenons ensuite la route vers Tegh. La zone est fortement militarisée : de part et d’autre de la vallée, nous apercevons les postes arméniens et azéris, et certains villages des versants opposés sont désormais occupés. Sur les flancs des montagnes se détachent d’immenses khatchkars, réalisés à même le sol et visibles depuis le ciel. Dans cette région où la présence arménienne est fragilisée, ils sont un symbole de résistance de l’identité arménienne face aux pressions de l’ennemi.
Envie de vivre une expérience aussi forte ?
Ces quatre missions, si différentes soient-elles, racontent la même chose : sur le terrain, chaque geste compte. Jouer avec des enfants, repeindre un mur, distribuer un colis, écouter une histoire de vie — c’est cela, être volontaire avec SOS Chrétiens d’Orient.
Vous aussi, vous pouvez partir en mission et vivre une expérience humaine et solidaire au Liban, en Irak, en Égypte, en Arménie ou dans l’un des nombreux autres pays où l’association est présente. Vous ne pouvez pas partir maintenant ? Votre don permet à ces missions de continuer : il finance directement les matériaux de rénovation, les colis alimentaires, les bibles et le matériel distribué aux familles les plus démunies.



















