Liban : après le cessez-le-feu, SOS Chrétiens d’Orient aux côtés des familles

30 avril 2026

Le 17 avril 2026, un cessez-le-feu entre Israël et le Liban entrait en vigueur, mettant un terme provisoire à une nouvelle vague de bombardements dévastatrice déclenchée début mars. Prolongé le 21 avril par Donald Trump, ce cessez-le-feu reste fragile : les destructions sont immenses, des centaines de milliers de personnes sont toujours déplacées, et le retour dans les villages du Sud reste impossible pour beaucoup. Depuis le début du conflit, SOS Chrétiens d’Orient — avec le soutien de ses donateurs belges — est présent sur le terrain pour répondre aux besoins les plus urgents des familles chrétiennes prises dans la tourmente.

UN CESSEZ-LE-FEU QUI NE MET PAS FIN À LA SOUFFRANCE

Le 8 avril 2026 restera un « mercredi noir » dans la mémoire collective libanaise : plus de 100 frappes en l’espace de dix minutes ont tué plus de 350 personnes, sans aucune alerte préalable. C’est dans ce contexte d’horreur que la communauté internationale a redoublé d’efforts pour obtenir une trêve. Le cessez-le-feu, en vigueur depuis le 17 avril, a été prolongé de trois semaines le 23 avril par Donald Trump, à la suite de discussions entre les deux pays organisées à Washington.

Mais la trêve est loin de signifier la paix. Malgré le cessez-le-feu, les attaques se poursuivent : l’armée israélienne continue de détruire des villages dans le sud du Liban, au-delà de la « ligne jaune », une bande frontalière de huit kilomètres vidée de ses habitants et que l’État hébreu semble vouloir désertifier.

Les destructions accumulées depuis le début des hostilités en 2024 sont, elles, colossales. Israël a ordonné aux populations civiles d’évacuer des centaines de villages dans le sud du Liban, dans la région orientale de la Bekaa et la banlieue sud de Beyrouth. Si le cessez-le-feu du 17 avril a permis de diminuer les hostilités, il n’a pas permis d’y mettre fin. L’armée israélienne, encore présente sur le territoire libanais, détruit quotidiennement des villages dans le sud du Liban et a mis en place une « zone tampon » rappelant sombrement celle mise en place à Gaza.

Pour les familles chrétiennes du Sud, que SOS Chrétiens d’Orient accompagne depuis le début du conflit, le chemin du retour est incertain, long, et se révèle finalement impossible.

BILAN DE L’AIDE D’URGENCE

Face à l’ampleur de la catastrophe humanitaire, SOS Chrétiens d’Orient a mobilisé ses équipes sur l’ensemble du territoire libanais, du nord de Beyrouth aux villages du sud du fleuve Litani. Grâce à la générosité des donateurs, notre association a pu répondre aux besoins les plus urgents des familles déplacées, à travers une présence continue et des actions concrètes menées dans des dizaines de localités.

Des vivres pour des milliers de familles

À la Maison du Père Bechara Abou Mourad et au Monastère Saint-Sauveur de Joun, nos volontaires ont fourni produits d’hygiène, denrées alimentaires, oreillers et couvertures aux familles déplacées accueillies dans ces lieux de refuge. À Antelias, ce sont des réfrigérateurs, des machines à laver et des couvertures qui ont été acheminés pour permettre à des dizaines de personnes — dont beaucoup d’enfants — de vivre dans des conditions dignes.

À la Maison mariale de Mjaydel, nos équipes ont réalisé l’aménagement complet d’un espace sanitaire (WC, douche, chauffe-eau, raccordements) pour accueillir dignement des déplacés, dont une mère et son nouveau-né.

Dans les villages du district de Jezzine, assiégés par l’afflux massif de déplacés du Sud, nos volontaires ont distribué riz, lentilles, huile et pâtes à 750 familles. À Tyr, des colis complets — produits secs, conserves, lait en poudre, eau en bouteille — ont été remis à des familles qui avaient refusé d’abandonner leurs maisons malgré les bombardements. À Zahrani, Sidon, Hasbaya et Marjeioun, dans les villages situés au cœur de la zone ciblée par l’occupation israélienne, des colis alimentaires et des kits d’hygiène ont été distribués à des milliers de personnes. Une opération de grande envergure dans les villages de Jezzine et Zahrani a permis, à elle seule, d’améliorer les conditions de vie de 2 250 personnes, aussi bien habitants des lieux que déplacés.

Dans plusieurs centres d’accueil, nos équipes ont préparé, emballé et distribué des plats cuisinés chauds à des centaines de familles déplacées.

Les volontaires au cœur de l’aide d’urgence

Parce que l’aide humanitaire ne se résume pas à la survie immédiate, nos volontaires ont aussi veillé à préserver une part de joie dans ces moments de détresse. Pour la fête des mères, une distribution de friandises et de matériel créatif a été organisée à Raboué pour les déplacés du Sud. Au centre d’Antelias, des activités de Pâques ont été organisées pour une centaine d’enfants, avec repas et sachets de friandises.

Nos actions continuent

Malgré le cessez-le-feu, la situation au Liban demeure extrêmement fragile. Des familles entières ne peuvent toujours pas rentrer dans leurs villages détruits ou occupés, et les besoins en nourriture, en soins et en hébergement restent immenses. SOS Chrétiens d’Orient s’engage à rester aux côtés de ces familles aussi longtemps que nécessaire.

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