Volontariat avec SOS Chrétiens d’Orient : quatre missions, quatre visages de l’engagement

17 juin 2026

Démolir un mur en Arménie, monter un spectacle de théâtre avec des orphelins au Caire, jouer au bingo avec des dames âgées à Duhok, enseigner le français à des novices maronites au Liban… Le volontariat avec SOS Chrétiens d’Orient ne ressemble à aucun autre. Ce mois de juin, nos volontaires étaient sur quatre terrains à la fois. Voici ce qu’ils ont vécu.

 

Arménie — Les mains dans la poussière, le cœur dans le projet

La future ferme de SOS Chrétiens d’Orient en Arménie prend forme, pierre après pierre — parfois au sens littéral. Ce matin-là, l’objectif est clair : démonter un abri accolé au bâtiment principal pour libérer l’espace et préparer la suite du chantier.

Garrick, l’un des ouvriers, attaque le mur à la masse. À chaque coup, la pierre vibre avant de céder dans un nuage de poussière. Les volontaires prennent le relais : allers-retours entre le chantier et le tas de gravats, brouettes qui grincent sur le chemin, blocs lourds qu’il faut être deux pour porter. Au milieu des décombres, une surprise : un imposant poêle en métal, probablement l’ancien système de chauffage de la maison, qu’il faut extraire avec ingéniosité et coordination.

Et puis il y a Gina — la chatte de la ferme, que les volontaires ont baptisée ainsi — qui inspecte chaque tas de pierres, suit les brouettes et se glisse invariablement dans les jambes au pire moment.

À la fin de la journée, l’abri a disparu. À sa place : un espace dégagé, et une nouvelle étape franchie vers la concrétisation d’un beau projet pour les communautés chrétiennes d’Arménie.

 

Égypte — Moïse sur scène, dans le bidonville de Zawaia

Chaque semaine, les volontaires de SOS Chrétiens d’Orient donnent des cours d’anglais aux orphelins du bidonville du Caire. Cette fois, ils ont voulu aller plus loin : monter un vrai spectacle avec les enfants, en anglais, pour rendre l’apprentissage vivant.

Le choix de la pièce s’est imposé naturellement : la vie de Moïse, figure biblique dont le destin est profondément lié à l’Égypte. Semaine après semaine, les répétitions se sont enchaînées. Les enfants ont appris leurs textes en anglais avec sérieux, travaillé une chorégraphie, construit des décors — pyramides, désert égyptien — et préparé leurs costumes.

Le jour de la représentation, une vingtaine de paroissiens ont découvert le résultat. Le spectacle a été un succès, et la fierté sur les visages des enfants, visible. Au-delà de l’anglais, ce projet leur a offert quelque chose de plus rare : confiance en soi, créativité et sentiment d’appartenir à une communauté.

Irak — Bingo et thé chez les Sœurs du Sacré-Cœur à Duhok

À Duhok, dans le nord de l’Irak, les volontaires ont rendu visite aux résidentes de la maison de retraite tenue par les Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus. Accueillis par sœur Munera autour d’un thé, ils organisent rapidement une partie de bingo.

La salle révèle très vite la diversité des caractères : les concentrées, yeux rivés sur leur grille, marqueur levé ; les bavardes, qui commentent chaque tirage et éclatent de rire dès qu’elles se trompent de case ; et les plus discrètes, qui observent la scène d’un regard tranquille.

C’est Pierre, l’un des volontaires, qui tient la roue et lit les numéros en anglais. Sœur Munera traduit en soureth — la langue araméenne parlée par les chrétiens d’Irak. Mais à force d’entendre les nombres, Pierre finit par les prononcer lui-même directement en soureth, au grand plaisir des résidentes.

En repartant, les volontaires serrent la main de chacune. Ils quittent la maison avec le sourire.

Liban — Une journée au monastère maronite de Kfifane

Niché dans les hauteurs du Liban, loin de l’agitation de Beyrouth et des échos de la guerre, le monastère Saint-Cyprien–Sainte-Justine de Kfifane accueille neuf novices en formation, sous la responsabilité de l’abouna Najem. Âgés de 22 à 40 ans, ils ont choisi d’expérimenter la vie monastique pour deux ans avant de prononcer leurs vœux provisoires.

La journée des volontaires commence par le rangement des tapis — avec l’arrivée de l’été, ils sont aspirés, enroulés et remisés. À 10 heures, le soleil frappe déjà fort sur le balcon. Puis vient le cours de français, moment attendu de tous : aujourd’hui, Notre-Dame de Paris, ses reliques et le débat sur les nouveaux vitraux. Un échange animé s’engage entre les frères — certains regrettent la disparition d’un élément historique, d’autres voient dans le renouveau une lumière bienvenue.

Après le déjeuner, le café avec l’abouna Najem, un rituel précieux. Il partage sa conviction : c’est par le chant que l’on loue pleinement le Seigneur, et que l’on peut déjà « goûter quelque chose du Royaume des Cieux. »

L’après-midi, dans les champs, c’est Samira — l’employée du monastère qui ne parle pas français — qui accueille le volontaire pour trier et mettre en bocaux les feuilles de vigne fraîchement récoltées. Le langage du corps, la musique de la radio libanaise et le rire font le reste.

Partir en volontariat avec SOS Chrétiens d’Orient

Derrière chacune de ces journées, une même réalité : des hommes et des femmes qui choisissent de se rendre présents, humblement, là où les chrétiens d’Orient ont besoin d’une main tendue. Qu’il s’agisse de déplacer des pierres, d’apprendre des numéros en soureth ou de débattre de vitraux avec des novices maronites.

Le volontariat avec SOS Chrétiens d’Orient, c’est ça : une rencontre vraie, un service concret, et une transformation intérieure que l’on n’attendait pas.

Vous souhaitez partir en mission ?

 Rejoins notre équipe en mission !