Le 5 juillet 2026, invité de l’émission The Sunday Briefing, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a affirmé que des villages chrétiens du Liban avaient demandé à être annexés à Israël, au motif que Tsahal les protégerait « des fanatiques du Hezbollah ». Il n’a cité aucune localité. La réponse des principaux intéressés ne s’est pas fait attendre, et elle est sans équivoque.
Les villages chrétiens du Sud répondent : « aucune base de vérité »
Dans un communiqué commun, quinze villages du Liban-Sud ont dénoncé des affirmations fabriquées de toutes pièces. Les responsables locaux y rappellent leur attachement indéfectible à l’État libanais, qu’ils considèrent comme leur seule patrie, malgré les épreuves extrêmes que leur impose la guerre.
Hanna el-Amil, président de la municipalité de Rmeich, le plus grand village chrétien de la frontière, a été catégorique : aucun village du Sud n’a formulé une telle demande. À Aïn Ebel, Ghenwa Farah a exprimé la stupeur des habitants face à des allégations qu’elle juge dépourvues de tout fondement, rappelant que la population veut la paix pour ses enfants et soutient le monopole des armes entre les mains de l’État libanais, non la protection d’un État qui reste, pour eux, un État ennemi.
Ces habitants vivent depuis des mois sous les bombardements, les pénuries et les ordres d’évacuation, pris entre les opérations de l’armée israélienne et la présence du Hezbollah. Beaucoup ont pourtant choisi de rester, refusant de céder leurs terres ancestrales. C’est cette réalité, faite d’attachement et d’endurance, que les propos de Netanyahou cherchent à travestir.
Une incursion de colons jusqu’au fleuve Hasbani
Les déclarations du Premier ministre israélien ne sont pas un cas isolé. Elles s’inscrivent dans un contexte où le terrain parle de lui-même : cette semaine, des membres du mouvement extrémiste « Uri Tzafon » ont pénétré brièvement au Liban-Sud, affirmant avoir atteint le fleuve Hasbani, près du village annexé de Ghajar. Fondé en 2024, ce mouvement d’extrême droite milite ouvertement pour l’annexion et la colonisation du Sud-Liban, revendiquant l’établissement de communautés permanentes jusqu’au fleuve Litani, voire au-delà.
Le vice-président du Conseil des ministres libanais, Tarek Mitri, a refusé de minimiser l’incident. Il a rappelé que le mouvement de colonisation en Cisjordanie avait lui aussi débuté avec un groupe marginal, Gush Emunim, avant de s’étendre à l’échelle que l’on connaît. Un avertissement à prendre au sérieux, alors que l’armée israélienne occupe toujours plusieurs centaines de kilomètres carrés au Liban-Sud, une zone que le ministre de la Défense Israel Katz a récemment promis de vider de ses habitants.
Jusqu’en Syrie : une colonisation qui déborde les frontières
La logique d’implantation ne s’arrête pas au Liban. Selon le quotidien israélien Haaretz, un autre groupuscule, « Les Pionniers du Bashan », a pénétré en territoire syrien par le mont Hermon, revendiquant une étape vers la colonisation civile et un contrôle permanent de la région. Une incursion similaire avait déjà eu lieu quelques jours plus tôt près de Daraa. Ce mouvement, qui puise son nom dans la géographie biblique, prône ouvertement l’installation de colonies juives dans le sud syrien, au-delà du plateau du Golan déjà occupé.
Le droit des chrétiens d’Orient à rester chez eux
Ce que ces événements révèlent, au-delà des chiffres et des cartes, c’est une tentative de réécrire la réalité d’un peuple qui n’a jamais cessé, malgré la guerre, de revendiquer son appartenance à sa terre. Les chrétiens du Liban-Sud ne veulent ni protecteur étranger ni frontière repoussée : ils veulent rester chez eux, dans un Liban souverain.
SOS Chrétiens d’Orient continue d’agir aux côtés de ces communautés, pour que leur voix soit entendue et que leur droit à demeurer sur leurs terres ancestrales ne soit ni nié, ni instrumentalisé.
Soutenez les chrétiens du Liban-Sud, qui refusent de quitter leurs terres. Faites un don à SOS Chrétiens d’Orient.











